cнαpιтre 1 - вιeɴтoт lιвre

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- Jenna, Jenna, Jenna.

J'entends qu'il pleurt, je ne vais quand même pas le laisser seul! Je n'ai jamais été comme ca, même si ça me bouffe ma grasse mat'.

- Maxime? Qu'est ce qu'il y a ?

- J'ai fait un cauchemar! J'ai peur.

J'ouvre les yeux et m'habitue peu à peu à la clarté de la pièce. Je vois sa petite tête blonde qui me regarde avec des yeux remplis de larmes.

- Allez, viens là boutchou!

Maxime, qui n'attendait que ca, se presse de grimper sur mon lit [une place] et de se coller contre moi. Je lui caresse les cheveux et commence à chantonner.

- Fais dodo, Cola mon p'tit frère, fais dodo [...]

Son souffle commence à se stabiliser, sa respiration se fait plus lente, plus douce. Il s'est endormi. Moi, par contre, je sais pertinemment que je n'arriverai pas à me rendormir. Le petit garçon parti bien loin dans son sommeil se retourne et me prend dans ses bras.

- Je t'aime p'tit bout, je murmure.

Et je l'embrasse sur le front. Je laisse divaguer mes pensées en fixant le plafond gris et sale. J'aperçois les tâches d'eau qui ont traversé le parquet à l'étage du dessus. Cela fait bientôt dix huit ans que j'ouvre les yeux sur ce même plafond [quoiqu'il y avait moins de taches d'eau avant XP], dix huit ans que je vis avec plein de frères et soeurs, dix huit ans que je ne connais pas le début de ma vie. Oh, c'est certain la DAS, c'est pas marrant tous les jours mais quand je les vois eux, tous ces petits êtres délaissés par leurs parents en manque d'affection, je sais que je ne suis pas ici pour rien. Et malgré l'inconfort de l'orphelinat, je dois avouer que j'ai toujours aimé être nourrie, logée, blanchie. Mais c'est bientôt fini, j'ai bientôt atteint l'âge adulte [Oui, oui, mes dix huit ans!]. Je ne me suis jamais demandée ce que je ferais demain, enfin dans le futur quoi! Ils vont me lacher comme ca dans la nature, et je me retrouverais comme un singe perdu en pleine forêt [quoiqu'un singe retrouve souvent son chemin nan?]. Voilà à quoi je pense quand l'alarme d'incendie se déclenche.

- Qu'est ce qui s'passe, Jen'? grommele Maxime.

- Bonne question! Mais ne t'inquiète pas, je vais voir, je le rassure.

Je me lève, laissant le petit blondinnet profiter de toute la place de mon petit lit. J'ouvre la porte sans faire de bruit malgré que je sais que les enfants ont tous été réveillé par l'alarme. D'ailleurs, plusieurs pointent leurs nez à la porte de leurs dortoirs.

- Jenna! Jenna! Pourquoi ca sonne?, me demande une petite rousse d'environ 6 ans.

- Je ne sais pas, tachez de vous rendormir, je vais voir et si c'est important, je viendrais vous chercher!

Les portes se referment sur des visages soulagés, rassurés; je souris, ces enfants se fient à moi comme à leurs parents qu'ils n'ont plus. Je continue de longer le couloir terne et sombre. Arrivée à l'intersection qui mène en face à la salle à manger collective, à droite à l'étage et à gauche, à la salle de jeu, je me rends dans la salle à manger.

- Mais j'vous jure que j'ai pas fait exprès!

- [...]

- AIE!


Je reste abasourdie.

# Posté le samedi 26 avril 2008 13:16

Modifié le lundi 28 avril 2008 14:46

cнαpιтre 1 - cα vα pαѕ lα тêтe!?

cнαpιтre 1 - cα vα pαѕ lα тêтe!?
- Huuum! Je peux vous aider?

Je n'allais quand même pas rester sans rien faire! L'homme s'arrête alors dans son mouvement et parait à peine géné. Il pousse alors le gamin d'une grande claque dans le dos dans ma direction.

- Mais ca va pas! Arrêtez de le frapper!

- Ce n'est pas vous qui aller me dire ce que je dois ou pas faire!

- Qu'est ce que vous voulez? je continue agressivement.

- Ce gosse a volé deux pommes et trois kiwis, et il est pas capable d'me dire c'qu'il foutait devant mon magasin, du coup, j'l'amène à la DAS. Et v'là que maintenant, il appuie sur l'alarme incendie! Sale morveux! crache - t - il.

- Très bien, Monsieur, vous pouvez partir, je m'en occupe!

Je prends le môme apeuré par les épaules et l'entraîne doucement avec moi.

- N'aies pas peur, je ne suis pas méchante tu sais mais maintenant, il va falloir aller mettre du froid sur cette vilaine marque de main...

- M'en fou, c'est qu'un enculé!

- Hey bonhomme! Ici pas de gros mots, il est stupide, idiot et je ne te contredirais pas mais les insultes sont bannies...

- M'en fou du réglement! Pi t'es qui toi d'abord?

- [J'en sais rien] Moi, c'est Jenna, mais crois moi, mon gars, la politesse, tu vas apprendre!

Je l'emmène dans la petite salle de bain du rez de chaussée, je sors une compresse du placard et la passe sous l'eau froide puis je lui tends.

- Tiens!

Il la prend sans dire un mot.

- Merci, c'est pas pour les chiens!

- Merci, grommelle - t - il.

- Tu t'appelles comment?

- Jason.

- Bien allez, viens, on va voir la gouvernante.

- J'veux pas y aller! crie - t - il.

Il s'enfuit dans le hall d'entrée et je lui cours après. Je lui saisis le bras sans me préoccuper plus que ca d'être douce mais sans être agressive non plus. Des groupes d'enfants apparaissent autour de nous.

- Ecoute Jason, tu n'as pas le choix, c'est comme ça et pas autrement et tu vas apprendre à respecter des règles! T'as réveillé tout l'orphelinat et tu as provoqué la pagaille, alors maintenant tu te calmes, et tu me suis en silence!

Le petit rouquin lève ses yeux bruns sur moi dans un regard hargneux, et dans un rictus, me crache au visage. Tous les autres enfants sont stupéfaits puis Maxime s'approche et commence à se mettre en position de bagarre contre Jason.

- Bas toi si t'es un homme! Prend toi en pas aux filles!grogne - t - il.

- Ca suffit , tranche la gouvernante d'une voix sifflante. [digne d'une arrivée théatrale celle là -_-']

Tous se taisent d'un coup, je me relève et m'essuie l'endroit où la bave a atteri.

- Regagnez les dortoirs et tachez de vous rendormir! Jenna! Raccompagne les! Et toi, viens avec moi, aboie - t - elle à l'adresse de Jason.

Les enfants se dirigent vers les chambres et je les suis. La gouvernante commence à monter les escaliers, puis se retourne et voit Jason toujours au milieu du hall, moi, je suis à l'encadrement du couloir et j'observe. La gouvernante, malgré sa robe de chambre fleurie [trop à mon goût] et ses cheveux blonds relevés à l'aide d'une pince, parait toujours aussi malveillante; mais je sais qu'elle est extrêmement gentille et compréhensive, elle affiche cet air pour se faire respecter. Elle regarde Jason du haut de la deuxième marche, d'un air très très désapprobateur. Je pars avant la fin de la scéne et rejoins les autres qui sont tous allés se réfugier dans ma chambre en m'attendant.

- Jenna!

A peine, ai - je poussé la porte que je sens deux petits bras me serrer.

- Ne t'inquiète pas Maxime, je vais bien.

Je vais m'asseoir sur mon lit et je les observe tous, ils sont assis sur les poufs, le bureau, les chaises, le fauteuil, mon lit, le sol. Ils sont adorables et ils sont là pour moi...

# Posté le lundi 28 avril 2008 13:28

Modifié le vendredi 16 mai 2008 15:51

cнαpιтre 1 - тυ rιɢoleѕ, j'eѕpére?

cнαpιтre 1 - тυ rιɢoleѕ, j'eѕpére?
- Jenna, pourquoi il a été méchant? me demande Maxime en allant s'asseoir.

- Je ne sais pas.

- Mais Jenna, tu sais toujours tout! me rembarre gentiment une blonde de 11 ans.

En la regardant, je sais d'ores et déjà qu'elle restera ici jusqu'à ses dix huit ans, comme moi. A partir d'un certain age, on ne veut plus de vous, vous étes déjà trop indépendants... Et ca n'intéresse plus personne, puisque eux ce qu'ils veulent, c'est pouponner.

- Non, tu te trompes, je ne sais pas grand chose...

- Dis Jenna! C'est bientôt ton anniversaire!! annonce gaiement Julie, une petite brune de cinq ans.

- Oui, c'est vrai, dans deux jours...

- On va faire la fête hein!? espère Maxime en me regardant des étoiles plein les yeux.

- Et bien, je euh [...]

La porte s'ouvre à la volée et tous les enfants restent pétrifiés. Jason se jette dans mes bras en larmes. Personne ne bouge, personne ne respire. Je ne dis rien, je caresse sa petite tête. Je sens son petit corps frêle trembler contre moi mais les caresses l'apaisent et il reprend peu à peu son calme.

- Qu'est ce qu'il se passe Jason?

- Parle lui pas! Dégage! l'agresse Maxime mais Laeticia, la jeune fille de 11 ans, le retient.

- Je suis [...] déso[..]lé pour [...] tout à l'heure... Mais ils sont méchants, tu n'es pas comme les autres Jenna.

Il se souvient de mon prénom, il me regarde avec des yeux remplis d'espoir comme si je pouvais changer sa destinée. Son futur.

- Allez les enfants, rejoignez vos chambres. La gouvernante va arrivé et risque de criser en vous voyant tous ici.

Ils filent tous sans dire un mot. Maxime en sortant me lache un regard tueur, comme s'il m'en voulait qu'un autre gamin soit entre mes bras. Je lui fais un sourire enjoleur et le petit blond ne peut résister, il rougit et sourit à son tour.

- Assied toi Jason. Qu'est ce qu'il s'est passé?

- Hé bien [...]

La gouvernante apparait sur le seuil de ma chambre dans toute sa splendeur. Un regard sévère posé sur les yeux.

- Jason! dit-elle méchamment.

- Laisse Marie, je m'occupe de lui, je te l'emmène quand il sera calmé, je dis calmement.

- Très bien.

Elle part, l'air soulagé.

- Jason, explique moi comment tu es arrivé ici.

- Maman m'a emmené au marché avec elle et pi comme j'avais faim et que je savais que Maman n'avait plus de sous, j'ai été au stand de pommes, j'en ai pris deux, une pour Elle et une pour moi. Maman me regardait plus loin et ne disait rien, j'ai juste vu dans ses yeux quelque chose d'anormal comme de la tristesse. Pi le Monsieur m'a prit et il m'a disputé en me demandant où étaient mes parents. Quand je me suis retourné pour montrer Maman, elle était pu là et le Monsieur m'a traité de menteur, de voleur et plein d'autres choses. Pi il m'a gardé pendant deux heures. A la fin du marché, il m'a amené ici comme personne n'était venu me chercher et quand je suis arrivé, j'ai cru que c'était un bouton pour la lumière, mais ce n'était pas ca, alors il m'a tapé. Puis t'es arrivée.

Je le regarde attentivement, il n'y a aucun air de tristesse sur son visage, seulement de la rancoeur et de la haine.

- Tu habitais où avec ta Maman?

- Dans une vieille grange en dehors de Chanceley.

- D'accord! Viens avec moi.

Je l'entraîne dans le dortoir des garçons, la plupart sont allés à l'étage supérieur pour se préparer. Mais Maxime est toujours là avec quelques autres comme je m'y attends.

- Maxime! je l'appelle.

Il accourt vers moi.

- Reste avec Jason et ne vous disputez pas!

Maxime me regarde l'air outré mais il comprend qu'il n'a pas le choix. Il oche la tête et montre à Jason les autres petits garcons. Jason le suit.

Je monte au deuxiéme étage, je sais que Jason est entre de bonnes mains.

- Marie? Je peux entrer?

- Oui, assieds toi Jenna.

Je lui raconte ce que m'a confié le petit rouquin.

- Je vais envoyer Salomé pour qu'elle voit si sa mère est chez eux. Ca ne doit pas être très difficile de trouver une grange en dehors de Chanceley...

- D'accord.

Je m'apprête à me lever quand Marie me retient par la main et sort les mots que j'ai toujours eu peur d'entendre.

- Reste, il faut qu'on parle de toi...

# Posté le jeudi 01 mai 2008 13:18

Modifié le vendredi 16 mai 2008 15:57

cнαpιтre 1 - тυ ɴ'αѕ pαѕ le cнoιх

cнαpιтre 1 - тυ ɴ'αѕ pαѕ le cнoιх
- Très bien, j'aquiesce.

- Dans deux jours, tu auras atteint la majorité... dit-elle d'une voix grave. Je t'ai connu étant enfant, à l'âge de deux mois, tu gesticulais déjà, tu ressemblais à une vraie poupée... ajoute - t - elle d'une voix nostalgique.

A.N.T.E.S

Marie Grimderval regardait, du haut de l'escalier de l'entrée, l'homme tenir un enfant, elle dormait. Comment Marie savait - elle que c'était une fille? Cela se voyait sur ses petits traits fins, même à longue distance. Quand la femme l'avait appelée tout à l'heure pour lui dire qu'elle ne voulait pas élever son enfant dans des conditions plus que mauvaises et que par conséquent, elle voulait l'envoyer à la DAS, Marie s'attendait à voir cette femme lui amener son propre enfant. Elle se demandait donc si l'homme qui amenait la petite fille était son père.

- Bonjour!

- Bonjour... dit l'homme plutôt mal à l'aise.

- Entrez, je vous en prie.

- Je suis désolé, Madame Grimderval, je n'ai pas le temps, ma pause se finit dans 2 heures.

- Oh, mais n'êtes vous pas le père de cette petite?

- Non, une jeune femme m'a demandé d'amener ce petit ange, ici expressément. Alors voilà.

- Très bien.

Marie prit la petite fille et voyant l'homme repartir aussitôt, elle rentra à l'intérieur. La petite fille ouvrit ses petits yeux, et voyant Marie, elle esquissa une sorte de sourire qui conquit la gouvernante immédiatement.

- Ne t'inquiète pas petite fille. Tu es en sécurité, tu trouveras une famille bien, je l'espére.

P.R.E.S.E.N.T.E

- Marie? Ca va?

- Oui, oui très bien,ne t'inquiète pas; dit-elle en esquissant un sourire forcé.

Je vois bien qu'elle n'est pas dans son assiette, ses yeux sont remplis de larmes, elle ne sourit pas contrairement à son habitude quand elle est avec moi.

- Bon, Jenna, ne tournons pas autour du pot. Tu sais aussi bien que moi, que tu ne pourras pas rester, que pendant six mois, nous t'enverrons 250 euros, aprés tu devras te débrouiller...Je sais que c'est difficile... D'ailleur sje n'imagine même plus l'orphelinat sans toi! Tout le monde t'adore ici, tu es respectée et respecteuse... Jenna, tu vas être lancée dans une vie que tu ne connais pas, une vie que tu devras vivre seule, mais n'oublie jamais que nous serons là! Dans deux jours, nous faisons une fête pour tes 18 ans, le lendemain, tu devras partir...

Je ne sais pas quoi répondre, les mots qu'elle vient d'utiliser m'ont poignardé. Je ne veux pas partir, mais je sais que je n'ai pas le choix, bientôt quelqu'un d'autre aura besoin de mon lit, quelqu'un d'autre aura besoin de soins. Je regarde Marie comme ca, l'air ahurie ou perdue, elle comprend l'attitude stupide que j'affiche.

- Je sais bien que c'est dur pour toi et sache qu ec'ets dur aussi pour moi! Les nouveaux règlements ont été achevés l'an dernier, depuis un an, nous avons tous pris connaissance de ce qu'il t'arriverait... Je ne suis pas d'accord avec ces lois mais je dois les appliquer... Cependant, tu peux oublier la loi qui stipule que nous ne sommes jamais censées nous revoir, tu me trouveras toujours quand tu auras besoin d'aide.

Au fur et à mesure qu'elle a parlé, sa voix tremblait de plus en plus. Je vois ses yeux qui sont remplis de larmes, je m'apprête à répondre mais d'un geste de la main, elle me congédie en me montrant la porte, et je n'ai pas la force de résister. Je me lève sans un mot, et toujours muette, je sors du bureau, ferme la porte et me laisse glisser le long de celle ci. Je n'ai pas de famille, pas de maison, j'avais des gens que j'aimais et qui constituaient ma famille adoptive, mais il ne me reste que deux jours pour profiter d'eux. Je suis seule, infiniment seule et pour toujours.

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Petit message de ma part XD Juste pour vous prévenir que ma nouvelle story vies-jumelles
vient d'ouvrir ses portes XD

# Posté le jeudi 08 mai 2008 06:13

Modifié le vendredi 16 mai 2008 15:59

cнαpιтre 1 - ɢrâce à voυѕ

cнαpιтre 1 - ɢrâce à voυѕ
- Ouuuuuuuais! Bon anniversaire Jen'! cria Maxime en sautant sur le lit pour me réveiller.

- Doucement, doucement Maxime, je le réprimande gentiment.

J'entrouvre difficilement les yeux, le rai de lumière parvient à mon oculaire et mes paupières se referment automatiquement. L'hystérie du petit garçon m'envahit. Je me lève rapidement, et serre le petit bout'chou contre moi.

- Dis moi Maxime, quelle heure il est s'il te plait?

- 11 heures, dit le petit garçon tout heureux.

- Tu ne devrais pas aller te doucher?

- Pourquoi? Je sens mauvais? demande-t-il avec de grands yeux en sentant ses aisselles.

J'éclate de rire. Il me sourit et s'enfuit dans le couloir pour rejoindre les autres et prendre sa douche. Dès qu'il quitte la pièce, sa joie me quitte, et le lourd poids des mots de Marie me tombe dessus. Je vais devoir partir. Tout abandonner. Je m'assieds sur mon lit et me dit que tout a une fin, cependant on est pas encore demain n'est ce pas? Alors je vais profiter de ma dernière journée et puis demain est un nouveau jour. Revigorée par cette idée, je prends un jean déchiré au genou, un tee shirt Caliméro et des sous vêtements et monte me doucher.
L'eau chaude coule sur mon corps, je prends plaisir à cette sensation de bien être qui m'envahit et je profite. Propre, je sors de la douche et m'habille prestement. Je me dépêche de descendre au rez de chaussée pour voir la bouille de tous ces gamins qui m'entourent et font mon quotidien... une dernière fois.


- SURPRISE! hurlent-ils tous ensemble.

La salle à manger est somptueuse, enfin pour moi, ils ont décoré avec du papier toilette, des boules faites par leurs petites mains, une large banderole affiche "Bonne aniversaire Jen'" écrit par la main de Maxime que je reconnais par ses fautes d'orthographe et l'écriture à peine lisible. Tous se pressent autour de moi et me souhaitent un "Joyeux anniversaire Jen'". Je les serre tour à tour dans mes bras. J'aperçois Jason et Maxime ensemble, comme quoi les meilleurs ennemis donnent des meilleurs amis. Je sais que Salomé s'est rendue à la grange, elle n'y a trouvé que les restes d'une vie précaire mais plus d'habitants. Jason restera donc ici pour trouver une famille. Plus loin, Marie m'observe et sourit mais pas d'un de ces sourires joyeux, plutot d'un sourire triste mélancolique comme dans son bureau, lors de notre dernier entretien. Je me dégage des enfants, donne des bisous par ci par là, et la rejoins.

- Bon anniversaire Puce, murmure-t-elle.

- Merci, dis-je en souriant. Tu as des nouvelles pour Jason?

- Non, l'orphelinat n'a pas acceuilli beaucoup de monde depuis quelques jours. En même temps, ce sont les vacances, tout le monde est parti.

- Très bien.

- L'appartement que l'on t'a pris est à Paris, sur la 50ème. C'est un peu modeste mais le loyer n'est pas trop, trop élevé et puis, si tu as un probléme, tu ne seras pas très loin!

- Merci, merci Marie.

Les larmes commencent à rouler sur ses joues parfaites. Elle me prend dans ses bras et me serre contre elle. Pendant dix minutes, nous restons comme cela. Puis elle me lâche et va s'occuper de deux petites filles qui se font la tête. Je joue avec les enfants, je ris, je profite comme je me le suis promis. C'est l'heure de passer à table, dans une ambiance joyeuse, tout le monde acclame les bons plats que nous a préparé la cuisinière en l'occasion de mes 18 ans. Enfin, arrive le gâteau! Il est magnifique.

- C'est l'heure d'ouvrir tes cadeaux!!!! crie Maxime.

- Des cadeaux? je dis, franchement surprise.

Tous les enfants se retournent alors et me montrent la pile d'emballages qui se trouve derrière moi. Je m'avance vers la petite table qui supporte tous les présents.

- Ouais, ouais! hurlent en coeur les enfants sans se faire réprimander.

Chaque paquet m'offre un sourire, ce sont des cadeaux qu'ils ont eux même confectionné, mais ils apparaissent si beaux à mes yeux que leur prix vaut plus que tout l'or du monde. Aprés avoir tout ouvert, Maxime s'avance vers moi, un petit paquet dans ses mains.

- Tiens, ca c'est de nous tous.

Je prend délicatement le petit cadeau et l'ouvre avec empressement. La boite noire et rouge s'ouvre sur un merveilleux pendentif en forme de coeur où mon prénom et les initiales de l'orphelinat sont gravées. Les larmes me montent aux yeux.

- Ces larmes de bonheur que vous voyez, c'est grâce à vous que je les ai, je n'ai jamais eu autant de bonheur d'un seul coup! Merci, je ne sais pas quoi dire d'autre.

Maxime me saute au coup. Et l'aprés-midi se termine dans la bonne humeur. Puis, il est l'heure qu'ils aillent se coucher, tous me font un gros bisou sans savoir que c'est surement le dernier.

- A demain! me lance Maxime rayonnant.

- Jenna, je peux te parler? me demande gentiment Jason.

- Et le mot magique? je réplique en souriant.

- S'il te plait, grimace-t-il.

- Oui!

- Je ne t'ai rien offert, alors je tenais à te donner cette photo de ma maman, c'est la seule que j'ai et je n'ai rien d'autre à offrir.

- Merci petit homme.

Il part très heureux. Je ne me demande même pas pourquoi il n'a pas donné la photo à Marie, c'est le plus beau geste qu'il pouvait faire. Je me rends dans ma chambre, prépare ma valise et vais me coucher en mettant le réveil tôt. Le plafond est toujours le même mais ce soir, il est beaucoup plus beau dans sa simplicité, ou peut-être est ce mon regard qui a changé....

# Posté le vendredi 16 mai 2008 15:28

Modifié le samedi 17 mai 2008 13:44